Le Sioux Festival, le secret le mieux gardé de Liège



Tous les hédonistes liégeois s'accorderont pour dire que le week-end dernier, la ville était chaud-patate - ou devrais-je dire chaud-BOULETTE (comme le nom du blog, tu l'as ? Je pratique l'humour). Et l'action, elle était dehors : les terrasses bondées, les magasins s'invitant sur les trottoirs pour la braderie d'été, mais surtout… La musique qui résonne à chaque coin de rue. Car oui ma bonne dame, ce week-end, c'était le Sioux festival. Ou le Connexions Urbaines. Ou les deux. Ou peut-être que c'était la même chose. Enquête sur le terrain.

5 spots où regarder la Coupe du Monde à Liège


Ca y’est, elle revient. J-1, la coupe du monde est enfin là. (Mal)heureusement, pas chez nous. Quoique ... dur dur de mettre un pied dans un supermarché sans sentir la présence réconfortante de Vincent Kompany, Eden Hazard et tous les autres. Mais en dehors du rayon boisson, il existe aussi de véritables enclaves noires-jaunes-rouges pour s’échapper le temps d’un match. Ecran géant, buvette de fans ou barbecue entre potes, à chacun sa façon de célébrer le ballon rond. Mais au fond, quels sont les incontournables en Cité ardente ?

A la découverte de Tilff : coups de coeur en bord de l'Ourthe



Même si la Cité Ardente fait battre mon, coeur, c'est à une petite vingtaine de kilomètres de Liège que je vous emmène.

À la page : 7 livres qu'on a dévoré (et adoré) ces dernières semaines



Dans un monde idéal, on aurait plus de temps pour dormir, mais aussi et surtout, pour lire. Mais même avec des emplois du temps ultra chargés, on parvient quand même toujours à s'adonner à notre activité préférée. Et parce qu'on est toujours à la recherche de bons livres et romans à se mettre sous la dent, on s'est dit qu'on allait gentiment vous partager les derniers qu'on avait dévorés... Vous nous conseillez les vôtres en échange ?

Une serrurière à vélo donne une seconde vie aux portes de Liège



À l’heure d’un féminisme affirmé et de beaucoup trop de serrures cassées, j’ai rencontré Fanny Michel afin d’en apprendre plus sur son activité de serrurière. Telle une chevalière des temps modernes, ce n’est pas à cheval mais à vélo que Fanny accourt pour vous servir lorsque l’une de vos portes se fait la malle !

Dans l'Enfer de (la fête en) Pierreuse



Chaque mois de mai depuis plus de 40 ans, la Fête de la rue Pierreuse (ou "Pierreuse" pour les cools kids) prête ses pavés à tous les liégeois-es et les invite le temps d'un week-end à se convaincre qu'un djembé peut être mélodieux et que les sandales, c'est stylé. 

Orgie de sucrés grand cru au Relais Dessert



L'association « Relai Desserts » réunit l'élite mondiale de la Haute Pâtisserie française, excusez du peu ! Une centaine de pâtissiers et chocolatiers, triés sur le volet et venus de dix-neuf pays en sont. Et devinez qui est le super Liégeois de Herve qui a rejoint la bande en 2003 ? 

Yoga, design et méditation : bienvenue dans le cocon de Gipsy Yogi



Le yoga, c'est comme le fait de boire 8 verres d'eau minimum par jour : on sait que ça fait un bien fou, que notre corps nous dira merci, mais parfois, c'est difficile de s'y tenir. Enfin, c'était : à deux pas de la Meuse, une oasis zen à la déco ultra léchée vient d'ouvrir, et on est convertis. Visite guidée de notre nouveau spot coup de coeur, Gipsy Yogi

En mai, va voir ce qu'il te plait




Mai, ça y est. Le soleil est (presque) de retour. Maitre Gims a sorti un album de 40 titres. Il existe un musée du selfie à Los Angeles. Mark Zuckerberg a tenté d’expliquer l’Internet aux Congress Men. La duchesse de Cambridge a pondu son troisième œuf royal. Et… il y’a des films à voir au cinéma. Dont un, très particulier. 

Pour Yophine, être infirme motrice cérébrale n'est pas un handicap au mannequinat



Il y a des rencontres qui vous font réfléchir, même si la personne que vous avez en face de vous pourrait être votre petite soeur avec ses dix ans de moins. C'est ce qu'il s'est passé avec la jeune Yophine, une jeune liégeoise âgée de 18 ans.

Apéro Sexo : bulles, pâtisseries et fellation



Sexologue de formation, Sarah Denis a gentiment convié deux Boulettes coquines à se joindre à la toute première édition de son nouveau projet : les apéros sexos. Au programme, des bulles, des pâtisseries, des sucettes, des cadeaux sensuels offerts par le love-shop Delicatescence, mais surtout, des langues qui se délient (au propre, comme au figuré...) autour d'un sujet connu de (et pratiqué par ?) tous et pourtant si peu abordé : la fellation.

Liège-Charleroi, même combat ?




En Wallonie, Liège et Charleroi font un peu office de soeurs ennemies. Pas tant à cause de ce qui les divise, que de ce qui les rassemble. Un temps fières cités ouvrières, elles se sont effondrées avec l'industrie belge, et ont eu bien du mal à se relever. Et aujourd'hui, qu'en est-il ? 

Rencontre avec Sophie Johnen, la brillante créatrice de Mya Bay


A moins d'habiter loin de la civilisation (et de la 4G), difficile d'échapper à la succes story de Mya Bay. Les bijoux délicats et tendance de la marque sont affichés fièrement par les influenceuses, et les prix mini couplés au maxi effet des bijoux Mya Bay nous font craquer aussi. Le petit plus ? La créatrice à l'origine de la marque, Sophie Johnen, est tout aussi adorable. Normal : c'est une Liégeoise!


Aux origines de Mya Bay


D'aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une entrepreneuse dans l’âme. Dès l’âge de 12 ans, j’ai commencé à avoir des petits boulots, à travailler tous les week-ends, durant les vacances scolaires... Très vite, j’ai senti venir l’envie d’avoir un truc à moi... mais restait encore à définir quoi. J’ai donc fait mes études aux HEC.

Mise en bouche


Après mes études j’ai travaillé trois mois dans l’humanitaire, en Inde. Ensuite j’ai été à Londres où j’ai découvert une chaîne de restauration saine et rapide . Cela n’existait pas encore en Belgique, et j’ai aimé ce concept novateur. Mais cela demandait d’investir une somme qu’hélas je ne possédais pas. J’avais vraiment envie d’amener quelque chose de nouveau, d’innover. J’ai travaillé ensuite comme commerciale afin de mettre de l’argent de côté pour lancer un projet. J’ai toujours aimé les bijoux, alors j’ai décidé d’ouvrir ma petite boutique, à Maastricht, dans laquelle je vendais plusieurs marques d’accessoires. Toutes ces expériences ont contribué à me nourrir... Et puis j’ai voulu aller plus loin et créer ma propre marque. Et j’ai commencé à créer le bijou qui me semblait idéal, c’est comme cela qu’est né Mya Bay !



Un nom qui invite au voyage



Pour le nom Mya Bay, j'avais envie d'un nom solaire, parce que j'adore voyager. Lorsque j'ai commencé à dessiner le jonc 3 fermetures, je trouvais que la fermeture ressemblait à une baie, une avancée de mer dans la terre. Et de là est venu le mot "Bay". J’avais aussi visité quelques années plus tôt la plage de Maya Bay en Thaïlande où a été tourné le film The Beach. Évidemment, c'était un nom qu'on ne pouvait pas utiliser. Cette année-là, j'ai perdu ma maman qui s'appelait Myriam et "Mya" c'est un petit clin d’œil pour elle. En fait Mya Bay, c'est un mélange de plein d'histoires.

Des bijoux à prix doux


Choisir de vendre des bijoux abordables était mon objectif. Et c’est loin d’être facile. Il est beaucoup plus facile de créer des produits à 150-300 euros que des bijoux à 50 euros ! Je travaille beaucoup sur la technique de production avec les usines afin de diminuer les coûts au maximum pour proposer de nouvelles pièces créatives dans notre gamme de prix. Notre jonc signature fabriqué en France passe dans la main de 9 personnes différentes ! Avec des prix autour de 50 euros, je voulais pouvoir toucher un public large et que mes clientes aient envie de créer leur propre mix en fonction de leur personnalité et donc d’en acheter plusieurs tout au long des différentes saisons.



Des bracelets qui racontent une histoire


J'ai toujours été attirée par les bijoux, cela remonte à ma plus tendre enfance lorsque ma grand-mère offrait à ses filles et ses belles-sœurs des sakalava. Ce sont des bracelets malgaches. Cela m'épatait et je rêvais d'avoir l'âge d'en recevoir moi aussi. C'est de là qu'est née l'idée du jonc Mya Bay. Le bracelet est aussi le type bijoux facile à accumuler. Personnellement, j’ai un coup de cœur pour nos cordons colorés fabriqués en France et orné de pièces en pierres ou en émail. Aussi, notre collection émaillée est un vrai succès de cette saison.

Futur au beau fixe


J’avais envie de faire évoluer mes gammes de produit et ajouter des pierres, de l’émail, du volume tout en gardant l’ADN de Mya Bay. Mes envies évoluent et je découvre de nouvelles techniques mais surtout je voulais pouvoir exprimer pleinement ma créativité. Je voulais être en accord avec moi-même et donc j’ai fait également évoluer notre branding, modifier notre logo et imposer notre « tone of voice »
Je voulais impulser une nouvelle dynamique, donner un signe fort du déploiement de Mya Bay et nos ambitions et être en phase avec la nouvelle réalité.




J’ai beaucoup d’envie et donc nous étudions plusieurs projets (collaborations, magasin en propre, de nouveaux produits...). Nous travaillons beaucoup sur notre développement à l’international et allons engager 2 nouveaux collaborateurs cette année. J’espère que Mya Bay puisse être connu dans plusieurs pays.

Une fille brillante, on vous dit. 


Et parce qu'en plus, Sophie est ultra sympa, elle a offert trois joncs à gagner. Pour tenter votre chance, c'est simple : likez la page Facebook de Mya Bay et celle de Boulettes à la liégeoise et commentez sous le post la couleur de bracelet que vous désirez gagner parmi les bracelets ci-dessous (blanc, noir ou rose). 





On a trouvé le meilleur sandwich de Liège (et il coûte 1,5€)



On salivait déjà devant les sandwiches au naan d'Indian Taste et les tartines généreuses de pastrami du Caffé Internationale, et honnêtement, on ne pensait pas trouver un jour meilleur rapport qualité-prix à Liège que le jambon au couteau de chez André. Jusqu'à ce qu'on tombe par hasard sur les merveilles au poulet de Ilyas, immédiatement proclamées "meilleur sandwich de Liège" par nos soins, la preuve par 5. 

Made & More, une belle victoire en 3 actes

Made & More


Cet automne, la nouvelle de la faillite de Made & More nous avait remplis de tristesse. Parce que Stéphanie, sa créatrice, est adorable; parce que sa sélection était non seulement éthique mais aussi sublime et puis surtout parce qu'avec elle, c'était un peu de rêve qui s'en allait. 

Aventure ardente : on a fêté la Coupe avec le Standard



Si le foot se montrait possessif et voulait officialiser notre relation sur Facebook, il se prendrait d'office un "c'est compliqué". Parce que la vérité, c'est que autant je ne suis pas fan de football, autant comme tous les Liégeois (si), je supporte le Standard. Alors forcément, quand ils ont gagné la Coupe et qu'on nous a invités à fêter leur victoire, il n'était pas question de se faire prier. 

Chez Marie-Jeanne, l'apologie du chanvre

Chez Marie-Jeanne


Le chanvre, il y a ceux qui l'associent inexorablement aux hippies, d'autres qui le mystifient, et dans le décidément bouillonnant quartier Grand Léopold, les créateurs du concept-store Marie-Jeanne ont choisi de faire son apologie. Tout en démontrant joliment que le chanvre fait bien plus que s'envoler en fumée. 

Liège, petits commerces contre grande ville



Cité ardente et ville d’action, Liège réserve beaucoup de surprises aux commerçants et à leurs clients. Surtout pour les plus petites enseignes telles que Coco Bijoux qui s’est vu contraint de fermer rue du Pot d’or, mais aussi son voisin, le traiteur italien Il Peperone.

Focus sur ton blocus : les bons conseils d'anciens étudiants

blocus


Pour les enfants (et certains adultes gourmands), la période de Pâques est synonyme de découvertes chocolatées dans le jardin, pour les plus chanceux, elle sent le sable chaud, les destinations low cost ou les pistes de ski et puis, pour d'autres il ne s'agit malheureusement pas de se reposer, mais bien de bloquer ! 

Il y a (enfin) des bubble waffles à Liège

bubble waffle Liège


À moins de vivre loin de la civilisation (et du wifi qui va avec), difficile d'avoir échappé à la tendance des bubble waffles. La bonne nouvelle, c'est qu'après avoir enchanté les papilles des gourmets cosmopolites et fait saliver tous les #foodies d'Instagram, les bubble waffles sont enfin arrivées à Liège. 

Et elles en ont fait du chemin avant d'arriver rue Saint-Gilles, puisque la propriétaire de Flavor Tea Box, installée dans le quartier depuis février, vient de Chine et à d'abord habité avec sa famille à Genève. Pour finalement décider de s'installer seule dans la Cité ardente et d'y amener avec elle cette spécialité asiatique qui révolutionne de manière exotique et régressive la traditionnelle gaufre de Liège. 


bubble waffles

bubble waffles

Le principe des bubble waffles : un drôle de gaufrier qui cuit la pâte en grille composée de sphères aériennes, qu'on roule ensuite avant de la noyer de toppings allant de la glace au sirop en passant par la chantilly. Chez Flavor Tea Box, on déguste sa gaufre nature (2.5 euros), ou agrémentée d'une boule de glace à la vanille, à la fraise ou au caramel, avant de saupoudrer le tout de suppléments au choix, de la Brésilienne aux copeaux de speculoos sans oublier les granulés multicolores de notre enfance. 


bubble waffles
bubble waffles


Au goût, le résultat est finalement plus léger qu'il n'y parait, la gaufre en elle-même étant très fine et aérienne et avec un goût plus proche de celui de la pâte à crêpes. Pour une expérience super kawaii, on accompagne sa gaufre de la spécialité de la maison, un verre de bubble tea. Ou un jus de fruit : ici, toutes les boissons proposées sont sans alcool, ce qui en fait un spot parfait pour le goûter, même s'il est possible de s'y attabler jusqu'à 19H30 en semaine. 


bubble waffles


Le cadre est lumineux, la patronne est souriante et avenante, et pour se régaler, on mange sa bubble waffle comme elle : nappée de chantilly dès la sortie du gaufrier pour un résultat fondant et complètement décadant. Pas hyper light, certes, mais garanti de peser lourd en likes sur votre feed Instagram. Et si le soleil est de la partie et permet de déguster votre dessert dans le jardin Botanique tout proche, il n'en sera que meilleur - et plus photogénique. Super kawaii on vous dit. 

Flavor Tea Box
Rue Saint-Gilles 81
LU-VE 11h-19.30 / SA 12h-19h30
0490 43 43 85
Page Facebook

Bacon Caravan Creek se met à table au Reflektor


Le mois passé, au Reflektor, je suis allée à la rencontre du groupe Bacon Caravan Creek qui revient pour un 3e album. C’était la première fois qu’ils jouaient Odd Places à Liège. Selon eux c’est stressant de jouer à la maison, mais pari réussi, leur grand retour a vraiment tout déchiré.

6 endroits où savourer l'Amérique latine à Liège



Non seulement notre Cité est ardente, mais grâce à quelques adresses ensoleillées, elle devient carrément caliente et on s'évade à chaque bouchée. La météo belge a beau être capricieuse, à Liège, c'est toujours l'été dans ces 6 spots latinos à (re)découvrir sans tarder. Arriba !

Compte-rendu bouillant d'une boulette à la Boiler Room



Depuis mon article précédent sur Bagarre, j'ai entretemps obtenu ma carte de presse, le prix Pulitzer et, aux frais du contribuable, je vous livre désormais les moindres détails des soirées que vous avez ratées pour mater la saison 3 de Love sur Netflix et sauver les apparences concernant votre vie morne et fade. De rien.

Tournée des cloches de Pâques à Liège


À l'origine, le dimanche de Pâques marque la fin du Carême pour les chrétiens, symbolisant la fin d'une période de privation. On ne va pas vous faire un dessin, ni un cours d'histoire, c'est évidemment en fêtant le retour à l'orgie alimentaire qu'au fil des années, Pâques a laissé place à une overdose de bouffe et, plus particulièrement... de chocolat !



Les « cocognes », quels qu'en soient le goût, la couleur ou la taille, sont ainsi amplement mis à l'honneur dans chaque espace verdoyant (ou non) du territoire wallon, en témoigne le programme que les cloches liégeoises ont mis sur pied :

Entretien aviné avec Michel Delrée, Premier sommelier au siècle dernier


Un chien, une ribambelle de gamins, des copains de passage et puis surtout, du vin sur la table. Il ne manque rien à ce joyeux désordre. Un peu comme dans une chanson de Nino Ferrer. Une certaine vision du Sud, où la vie s’organise autour de la cuisine. Où chacun va et vient se servir. Alors oui, on est mardi et oui, il pleut. Mais qu’importe, la maison rayonne. Car le vin c’est du partage. Chaque bouteille est un voyage. D’un coup de tire-bouchon, Michel lâche les amarres. Cap Saint-Aubin.

Le cercle des sommeliers disparus

« Mais pourquoi tu ne t’inscris pas au concours toi ? Tu goûtes les vins, t’as un bon nez … »
« Mais Marcello, je n’y connais rien au vin moi »
« Arrête un peu va, je vais nous inscrire et tu verras »

C’est tellement gros, que ça semble inventé. Et pourtant, c’est comme ça que Marcel Troisfontaine et Michel Delrée se sont inscrits au concours de meilleur sommelier de Belgique. Tous les deux liégeois, ils se connaissent de la Ciboulette, le restaurant des parents de Michel, que Marcel fournit en vins.

Michel a alors 27 ans. Avec d’autres liégeois, il fait partie du cercle des sommeliers disparus. Cette année-là, Marcel et Michel finissent en demi-finale, avant de se succéder au titre de Premier Sommelier de Belgique, en 1997 et en 1998. Pour Michel, jeune diplômé en agronomie, les succès s’enchainent : demi-finaliste au concours de meilleur sommelier du monde en 2000 et 2002 et de meilleur sommelier d’Europe en 2000 et 2004. Pourtant, quand on l’interroge sur son écolage, c’est tout sauf snob.


« Vu de l’extérieur, le vin a parfois cette image un peu aristo, mais quand on est dedans, c’est surtout une histoire de partage et de passion ». Et Michel d’y aller de ses anecdotes sur ses visites de vignobles terminées aux petites heures… on veut bien croire que quand on aime le vin à ce point, il arrive de boire plus que de raison. A fortiori si c’est à Saint-Emilion...

Tribulations et évolutions d’un secteur en pleine mutation

Premier sommelier au siècle dernier, c’est comme ça que se présente Michel Delrée. Mais on sait que le bon vin, ça vieillit bien. Et puis, dans le métier, avoir un peu de bouteille, c’est même conseillé. Alors forcément, j’en profite pour l’interroger sur ce qu’il pense du marché.

D'emblée, Michel embraie sur la mode du tout au bio. S'il salue et accueille positivement la tendance d'un retour aux procédés naturels dans la culture du vin  - "je suis pro vins bios et d'une certaine manière, ils devraient tous l'être" - il regrette l'effet de mode et l'obsession de la certification. De plus, toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne et il n'est pas possible d'être bio partout


Et Michel de regretter l'équilibre perdu, que l'on trouvait autrefois dans la jachère... "nous sommes dans une société de consommation et tout doit aller plus vite. On n'a plus de cave et on consomme les vins plus rapidement. Ils doivent être prêts beaucoup plus vite. Le prix des vins a également fortement augmenté avec la mondialisation. Avant on pouvait laisser vieillir des bouteilles et s'il fallait en ouvrir trois pour en avoir une excellente ce n’était trop grave. Maintenant si tu dois laisser vieillir des châteaux cheval blanc à 500€ la bouteille et que tu dois en ouvrir trois pour en avoir une bonne ça fait très mal."


Des évolutions qui ne sont pas sans conséquences sur les habitudes des vignerons et des professionnels du vin. "Lorsque tout le monde ne parlait plus que de Parker avec ses vins bodybuildés et hyper concentrés, les vignerons se sont adaptés en hyper boissant leurs vins avec de mauvais fûts ou des infusions de copeaux. Heureusement, on revient de plus en plus vers des vins plein de fruits avec une belle acidité."


Les goûts et les couleurs


Il a beau défendre que l'on peut faire du bon vin partout, lorsque je l'interroge, Michel m'avoue rester un grand fan des vieux rieslings allemands et être toujours excité à l'idée de déguster un grand pinot noir. Impossible toutefois de le pousser à se prononcer sur un château en particulier. Michel préfère rester consensuel : "Mon vin préféré est celui que je bois avec mes amis. Le vin c’est un moment, une situation, un repas... même le meilleur vin du monde dégusté dans de mauvaises conditions ne me rejouira pas plus que cela"





Et même si un repas entre amis n'a pas de prix, que l'on se rassure, il est encore tout à fait possible de se faire plaisir sans se ruiner : "A l’heure actuelle, on peut assouvir sa passion avec des budgets raisonnables et se faire plaisir avec des vins entre 10 et 20€ la bouteille. Il y a même d'excellentes choses. Le problème pour les producteurs, c'est que cela constitue un peu un ventre mou, entre les vins à petits prix et les grands vins, qui trouvent à leur manière tous les deux acquéreurs".

On peut aussi se réjouir, car la qualité des vins à tendance à augmenter, même si, de l'aveu de Michel, il reste du chemin à parcourir : "je ne comprends pas comment, avec les moyens techniques actuels, on réalise encore autant de mauvais vins". En la matière, certains outils peuvent aider l'amateur, comme l'Oxford Companion to Wine, que Michel ne quitte jamais véritablement. En revanche, il reste sceptique quant à la banalisation de Vivino : "Aujourd'hui, tout le monde l'utilise, mais je ne trouve pas cela conforme à la réalité".


Choisir son vin, quand on n’y connait (presque) rien

Il n'y a pas besoin d'être un grand spécialiste pour se repérer. L'important, c'est avant tout de prendre du plaisir et de partager avec d'autres ses impressions, ses découvertes et ses coups de coeur. C'est la meilleur manière de faire ses armes. Sans entrer dans trop de spécificités, Michel m'explique que l'on distingue cinq grandes familles d'arômes dans un vin : fruitées, fleuries, épicées, minérales et empyreumatiques, telles que le tabac ou le cuir. 

"A partir de là, on peut ensuite chercher à élaborer. S'agit-il de fruits blancs ? Quel type ? Est-ce plutôt de la poire ou de la pomme que l'on sent ? Et ainsi de suite. Nos perceptions sont bien entendu subjectives et impactées par nos souvenirs : une recette d'enfance,  un parfum, un séjour en vacances... C'est aussi pour ça qu'il faut en discuter et échanger avec d'autres. Nous n'allons pas tous sentir la même chose au départ, même si on finit généralement par se mettre d'accord".

Dans les grandes surfaces, il reste qu'il est parfois bien difficile de se repérer. Le rayon vins est même l’endroit où le consommateur perd le plus de temps dans un supermarché, pour au final se laisser séduire par l'étiquette ou une quelconque médaille. Et c'est sans évoquer la difficulté de réfléchir à son accord vin... en la matière, Michel Delrée dispense régulièrement des conseils sur son blog. J'y ai fait un tour et, en synthèse, voici quelques règles essentielles :

  • Règle n°1 : le principe des combinaisons : un vin léger pour un plat léger ; un vin corsé pour un plat charpenté. Pour un plat acidulé, optez pour un vin avec une touche d'acidité. A plat très épicé, vin sucré.
  • Règle n°2 : le principe de non-concurrence des arômes : ne pas associer des vins et des plats qui entrent en conflit. Par exemple, si vous servez une sauce au vin, privilégiez un même type de vin dans le verre.
  • Règle n°3 : à plat simple, vin simple et à plat élégant vin élégant : il s'agit tout simplement ne pas écraser les saveurs de votre plat. Oubliez donc tout de suite le JP Chenet avec des ris de veau ou le spaghetti bolognaise arrosé de château Margaux.
  • Règle n°4 : le principe du terroir : privilégier des associations vin-mets en provenance de la même région.

Théoriquement, ces quelques règles doivent permettre de tenir la route lors d'un repas de famille avec beau-papa. En pratique, il reste difficile de s'en tenir à des principes abstraits. Raison pour laquelle j'ai demandé à Michel Delrée de m'indiquer quelle boisson il choisirait pour chacun des plats ci-dessous. Sans réfléchir et sans mentir :

  • Un plateau de sushis Un Riesling allemand ou un Grüne Veltiner autrichien
  • Une entrecôte de blonde de Galice maturée ? Soit aller chercher le gras avec un vin du Sud du Rhône, par exemple un Vacqueyras, soit souligner l’acidité avec un vin du Nord du Rhône, comme un Saint Joseph
  • 6 huîtres de Noirmoutier ? Je resterais dans la région, avec un Muscadet ou partir sur un Sauvignon de Loire
  • Un canard au curry rougeUn cabernet franc de Loire. Un saumur ou un chinon.
  • Un verre entre potesTout est permis
  • Des ris de veauComme premier choix, je dirais un bourgogne blanc, mais un bourgogne rouge peut très bien faire l’affaire
  • Des pâtes à la truffeUn Sangiovese, pour rappeler l’acidité et la terre. Mais cela dépend bien entendu de l’accord à réaliser.
  • Une crème brûlée ? Un Rivesalt ambré, dans le Languedoc-Roussillon
  • Un fromage de Herve Un Gewurtzaminer d’Alsace
  • Un tartare de thon rouge et avocat ? Un saké, mais un vrai. Enfin, un bon.
  • Un bol de pho ? Un vin rouge de Jerez de la Frontera (Xérès)
  • Un couscous ? Un vin de là-bas. Il y en a de très bons, mais un grenache rouge, pour retrouver le petit côté compoté.
  • Des asperges ?  De l’eau. Ca peut surprendre, mais c’est pourtant le meilleur accord.
  • Un homard au safranUn vin blanc du Juras
  • Un boulet frites Une bière
  •  Un tête-à-tête en amoureux Ca dépend de la femme.
  • Un barbecue à la maison ? Un vin facile. Un vin de soif, comme un beaujolais.
  • Un plateau de dim sumsUn bourgogne blanc ou un vin rouge de Loire
  • Une casserole de moulesUne bière ou un vin blanc avec de l’acidité comme un riesling
  • Un toast au foie grasSi c’est à l’apéro, un grenache blanc ou certains vins grecs, qui s’accordent très bien. Autrement, un gerwurtzaminer

De la passion à revendre

Une fois la vigne enracinée, elle est tenace. Gagné par le vin après l’université, Michel a fait de sa passion son métier, tout en cherchant constamment à se réinventer. Après un début de carrière comme sommelier, Michel a ensuite ouvert son propre établissement, le Wine Again, une adresse hybride entre boutique, bar à vins et cuisine ouverte. Depuis peu, c’est dans une toute autre aventure que s’est lancé Michel Delrée : celle du vignoble à votre porte, un concept unique de box œnologique livrée à domicile qui devrait ravir les amateurs de bons vins.



Chaque mois, Michel Delrée propose une sélection de 6 bouteilles de vins, livrées à domicile et fournies avec des notes explicatives. Le tout à prix doux, puisque la box est proposée au prix de 60€ (+livraison). A l’heure du tout à l’internet, des Deliveroo et autres Hello Fresh, l’ambition de Michel est de surfer sur cette vague, tout en mettant son expérience au services des amateurs, pour leur permettre de mieux se consacrer aux joies de la dégustation. Fiche technique, historique du domaine, commentaires de dégustation et conseils pour le service… voilà qui devrait permettre d’alléger au propre comme au figuré le caddie de ceux qui en ont assez de payer cher et vilain du mauvais vin.

Et pour ceux qui souhaiteraient pousser l’expérience un peu plus loin, Michel Delrée propose depuis peu des cours d’œnologie à la carte et pour tous les niveaux à destination de groupes d'un dizaine de personnes (env. 50€/pp.)


Mais assez parlé. Place à la pratique. C'est que j'ai un Saint-Aubin 1er cru à finir avec tout ça. Le domaine s'appelle derrière chez Edouard. Les vignes sont situées à flan de colline derrière l'église du village. En me concentrant un peu, j'entends presque sonner les cloches ... In Vino Veritas. Bonne pâques à tous !


Pour en savoir plus :

ou
Michel Delrée
(michel.delree@skynet.be)


Texte : Clement
Photos : Wine Again