Escapade à Tournai : des adresses branchées aux classiques revisités


Tournai est l’une des plus anciennes villes de Belgique.  Avec sa cathédrale classée à l’UNESCO et son fameux beffroi, cette ville majestueuse peut se targuer d’avoir un patrimoine culturel plus qu’impressionnant. Pour autant, est-ce une destination de choix pour un week-end dépaysant ? Et en particulier, pour une bande de jeunettes en goguette ? Ne pas quitter le pays et prolonger l’été à Tournai : défi accepté ! 

Cela peut paraitre étonnant, mais c’est la vérité : les voyages en train sont un de nos plaisirs entre copines. Si certains les trouvent parfois trop longs, nous en revanche, nous adorons ça : le train nous laisse le temps de papoter sans interruption et sans devoir faire attention à la route ! Autant dire qu’on ne voit pas le temps passer, surtout quand, après l’été, on a des dizaines de potins à rattraper. Et puis, c’est aussi bon marché : avec le Billet Week-end, l’aller-retour est à moitié prix du vendredi soir au dimanche soir… Parfait pour notre virée ! Juste le temps d’attraper un thé et nous voilà installées, d’une humeur déjà plus joyeuse que le temps, assez maussade...


Sur les rails, nous effectuons un saut dans le passé en quittant notre très contemporaine Gare de Liège-Guillemins, signée Calatrava, pour arriver à la gare de Tournai, avec son architecture typique du 19ème siècle. Un autre charme, qu’on se plait à apprécier lors de nos déambulations du week-end dans les ruelles tournaisiennes. Et cela dès la sortie du train où, en marchant pendant quelques minutes le long de la rue Royale, il nous suffit de traverser le Pont de l’Arche pour arriver au centre névralgique de la ville.

Arrivée à Tournai : petit creux et gros coups de cœur 

Un voyage en train, ça creuse… notre première escale sera gourmande. Première escale et déjà premier coup de cœur : chez Eva Cosy. Un petit coin de paradis où la décoration est parfaitement « instagrammable » (bonus pour la tapisserie tropicale et le mobilier boisé), où les bagels sont généreux et où absolument tout est à croquer et délicieux. On aimerait avoir le temps de rester pour le dessert – l’établissement fait aussi salon de thé – mais la découverte de la ville n’attend pas ; une fois notre plat de rigatonis au pesto de carotte englouti, nous filons pour une balade digestive.


La flânerie ne dure qu’un temps, puisque nous enchaînons par une parenthèse shopping et un passage chez Mood, le concept store situé juste à côté. Quelques fringues plus tard, nous atterrissons chez Bio Flamingo, un petit bijou de boutique qui propose des cosmétiques naturels et où de nombreux ateliers sont organisés. On y retrouve toutes nos marques essentielles et slow : Clémence & Vivien, Théophile Berton ou encore Bellebulle Bio. A quelques pas de là, c’est chez BO concept store vintage qu’on s’émerveille : posters rétro et mobilier design, on chine et on fait le plein d’inspiration déco.




Escale culturelle : de l’art aux sciences, à la découverte des musées 

Surprises par la pluie tandis que nous arpentons la ville, c’est au Musée des Beaux-Arts que nous trouvons un réconfortant refuge. Rien que pour son architecture, le bâtiment vaut le détour : il s’agit de l’unique musée réalisé par Victor Horta, le chef de file de l’art nouveau ! Autre surprise à l’intérieur : le musée est le seul de Belgique à exposer les peintures d’Edouard Manet, qu’on ne manque pas d’admirer de (très) près. Des primitifs flamands aux artistes modernes, la superbe collection a de quoi nous ravir. Certaines œuvres gagneraient toutefois à davantage être mises en valeur dans l’écrin qu’elles méritent – c’est là notre seul regret… Mais à 2,10 € la visite, on n’est vraiment pas du genre à chipoter.


Il faut reconnaître qu’à Tournai, les musées sont vraiment bon marché. Alors on en profite pour enchaîner sur le Musée d’Histoire Naturelle et Vivarium, assez réputé, et qui fait le bonheur des aficionados de curiosités que nous sommes. Entre animaux naturalisés avec soin et vivarium étonnement grand, on découvre les merveilles que renferme cette collection scientifique. Là-bas, nous sommes encore plus émerveillées que les enfants… Surtout lorsqu’un guide prend gentiment le temps de nous montrer les trésors cachés que recèle le musée, sans même que nous le lui ayons  demandé !


Les musées sont stratégiquement réunis autour de jolis espaces verts et ça tombe bien, le soleil est revenu. On longe le square Bonduelle et le Parc Reine Astrid en profitant de leur très belle végétation, avant de faire un dernier arrêt au Musée de la Tapisserie   Ne fuyez pas : le lieu n’a rien de ringard ! D’anciennes tapisseries sont conservées dans ce somptueux hôtel néo-classique, mais le bâtiment abrite aussi le TAMAT : le Centre de la Tapisserie, des Arts Muraux et des Arts du Tissu de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui renouvelle le genre en accueillant des résidences d’artistes et des ateliers de restauration, dans une approche résolument contemporaine.




Du beau et du bon : comment terminer la soirée en beauté 

C’est chez Humble Coffee que nous nous accordons une pause bien méritée. Ici, on peut déguster tranquillement un latte joliment présenté, tout en pianotant sur son macbook dans un décor branché… un vrai espresso bar, où tout est concocté avec des produits locaux et responsables. En savourant un affogato maison (ce délice italien constitué d’une boule de glace vanille plongée dans un espresso), on feuillette les flyers : si on vient ici pour le café (l’un des meilleurs de la ville, paraît-il), on reste pour les activités variées qui y sont proposées, allant des ateliers de réalisation de terrarium aux tables de conversations anglaises, sans oublier les vernissages d’expositions.


En empruntant une petite ruelle pavée non loin de là, nous découvrons l’imposante façade blanche de l’Hôtel Cathédrale, où nous passerons la nuit. Jolie surprise en nous installant dans notre chambre : une très belle vue dégagée s’offre à nous lorsque nous ouvrons les volets. Notre chambre donne sur la jolie place Saint-Pierre. On se rafraichit et on se pomponne avant de prendre la direction du bar La Vie est Belge  qui se situe à quelques pas de là, le long de l’eau. Comme son nom l’indique, cet établissement met la belgitude à l’honneur : on grignote des chips en forme de frites dans un cornet et on attend nos boissons en jouant à un jeu de questions-réponses sur notre bonne vieille Belgique. Apéro, culture et rigolade sont de la partie!


L’avantage d’un petit centre-ville comme celui de Tournai, c’est que tout est facilement accessible à pied : il nous suffit de traverser le pont pour continuer la soirée chez Corto Malté, qui est définitivement l’un des plus chouettes resto-bar de la ville. Face à l’Escaut, on ne doute pas que pendant l’été il doit être agréable d’y siroter un verre en terrasse. Néanmoins,  l’intérieur n’est pas en reste pour passer une soirée cosy : mêlant cadre brut et industriel à une belle décoration chinée, le lieu est parfait pour un apéro qui s’éternise. Le lieu convient également parfaitement à ceux qui désirent s’y restaurer: caviar de courgette aux noisettes, chèvre frais, tortilla aux olives… un assortiment de tapas délicieux, qui suffit amplement à nous rassasier ! On s’offre un mojito mangue pour terminer, avant de, pourquoi pas, prolonger la soirée au Check-in Bar  haut-lieu de mixologie (art de créer des boissons  et cocktails) à se damner. Qui a dit qu’on ne savait pas festoyer à Tournai ?




S’émerveiller dans la ville, avant de rentrer

La nuit fut courte mais le sommeil, lui, fut réparateur dans nos lits douillets. C’est requinquées et comblées par le copieux buffet de petit-déjeuner de l’Hôtel Cathédrale – œufs, viennoiseries, bacon, jus de fruit – que nous reprenons notre chasse aux découvertes. Au programme : découverte plus relax des merveilles d’art roman et gothique de la ville. Première étape : la cathédrale Notre-Dame. Bien que celle-ci soit en restauration, nous pouvons quand même admirer sa jolie architecture et les tours qui valent à Tournai son nom de « Ville aux 5 clochers ».


En arrivant sur la Grand-Place, quel ne fût pas notre étonnement lorsque nous sommes tombées nez à nez avec une immense marionnette colorée, animée par quelques enfants rieurs qui en tirent les fils. Plus loin, un dragon steampunk trône sur la place et lui donne des allures de monstre fantasmagorique. Autour, une fanfare étrange résonne tandis qu’un carrousel aux personnages inspirés de l’univers du peintre Jérôme Bosch tournoie sous les regards ébahis des badauds. Etrange ? Pas tant que ça ! En effet, nous visitons la ville en plein « Festival Découvertes Images et Marionnettes » ! Pour en savoir plus sur cet artisanat si particulier, il y a le Centre de la Marionnette, une institution unique en Fédération Wallonie-Bruxelles.


Après une séance de lèche-vitrine chez Spiridon Studio, boutique épurée où se côtoient mobilier design et s gadgets indispensable signés Vitra, Hay ou Alessi, nous entamons notre dernière balade le long du quai Notre Dame et du quai des Salines. Depuis le Pont des Trous, imposant vestige de l’architecture militaire, les quais ont été réaménagés et la promenade est plus qu’agréable sous les premières couleurs automnales dont se parent les arbres : c’est juste ce qu’il nous fallait avant de rentrer ! Une fois l’horaire du train vérifié sur l’application SNCB (qui s’est avérée très utile), nous voilà en route vers la gare.

Bercées par le trajet, qui nous laisse même le temps de bouquiner, travailler nos cours et se reposer, nous récapitulons notre mini-escapade. Finalement, Tournai est une ville d’Histoire, mais elle possède également son lot de petites adresses branchées. Nous en sommes reparties enthousiastes et nous pouvons affirmer que nous nous sommes senties dépaysées ! Défi relevé, bilan au top : on a déjà drôlement hâte de retourner à Tournai !


Article réalisé sur les rails, dans le cadre d'un partenariat avec la SNCB
à lire aussi ici (en français) et là-bas (en néerlandais)

Aucun commentaire